04 juin 2013

CR séminaire 13 mai 2013 – Littérature à la VUB

Les trois invités de MICM-arc sont tous trois professeurs de littérature à la VUB. S’intéressant à la ville comme matrice des œuvres littéraires et à Bruxelles en particulier, ils préparent actuellement un ouvrage collectif bilingue (français/néerlandais) qui s’intitulera Blik op Brussel. Literaire ervaringen over de Belgische hoofdstad.

C’est dans ce cadre et pour découvrir leurs travaux respectifs que MICM-arc les a reçus le 13 mai 2013.

Daniel ACKE : « Le flâneur à Bruxelles : perspectives françaises et belges en contrepoint »

Daniel Acke est professeur de littérature et de culture françaises à la VUB.

C’est à travers la figure du flâneur et, de manière plus large, du marcheur, que Daniel Acke étudie les échos que suscite Bruxelles dans la littérature. Inspirée des travaux pionniers de Walter Benjamin, l’histoire littéraire des dernières décennies s’est largement focalisée sur le flâneur parisien. On s’est moins intéressé au flâneur dans d’autres villes, notamment à Bruxelles.

La présente intervention présente deux moments très contrastés d’une histoire de la flânerie littéraire à Bruxelles, qui reste à écrire. S’intéressant au dix-neuvième siècle, Daniel Acke montre d’abord quel regard des flâneurs parisiens expérimentés comme Baudelaire, Nerval et Huysmans portent sur la circulation à pied à Bruxelles : la capitale belge leur apparaît comme le lieu où  échoue la réalisation de la posture canonique du flâneur.

En revanche, au vingtième siècle, les déambulations dans une ville progressivement livrée à la « bruxellisation » s’avèrent fructueuses pour des écrivains belges comme Marcel Lecomte et William Cliff. Le premier voit dans la promenade urbaine l’occasion de la saisie de signes pointant vers le secret des choses, dans une optique surréaliste, comme en témoigne son journal inédit de même que ses brefs récits. Les poèmes du second transforment l’errance dans une ville livrée aux démolisseurs et à l’anarchie urbanistique en allégorie d’une existence dominée par la solitude, le passage du temps et l’étouffant conformisme bourgeois. Mais cette même errance promet aussi une régénération dont l’équivalence suggérée entre la marche et l’écriture poétique est le signe manifeste.

Elisabeth BEKERS: « Brussels as (post)colonial and multicultural capital »

Elisabeth Bekers est professeur de littérature britannique et postcoloniale à la VUB.

This ongoing research project explores how Brussels has been captured in the imagination of literary authors writing in English since the middle of the 19th century. It examines both canonised and lesser-known authors from Britain and across the world, including William Thackeray, Charlotte Brontë, Joseph Conrad, Thomas Pynchon and Teju Cole, who have written about Brussels against the background of the social-cultural and political changes and in response to the development from realist over modernist to the current postmodernist and postcolonial modes of writing. Over the past two centuries the image of Brussels develops from a “brilliant little capital” at the time of the Battle of Waterloo over “sepulchral city” at the end of the 19th century into  a multicultural, hybridized “open city” by the beginning of the 21st century.

This research project also ties in with an international research project on “Imaginary Europes” in collaboration with the universities of Portsmouth, Frankfurt and Eastern Finland. This project considers how Europe has been imagined in C20th and C21st world literature and visual arts, whether in response to colonial encounters or in anticipation or (distant) memory of concrete acts of migration.

 Hans VANDEVOORDE : « August Vermeylen, an ‘institutional’ biography »

Hans Vandevoorde est professeur de littérature de langue néerlandaise à la VUB.

Hans Vandevoorde is investigating the life history of August Vermeylen (1872-1945), who for many years was professor in the Université Libre de Bruxelles (ULB) and became the first rector of the dutchified University of Ghent. Diachronically, the biography is attached to local, national and international institutions: including ‘associations’ and all sorts of other forms of sociability (cultural circles, magazines, political groups, salons, etc.), of which Vermeylen was a member at every stage of his life. Serving as the leitmotif are his literary and art historical publications in relation to those places of sociability. Thus, an equal place is given to context and text in this ‘institutional’ biography. Synchronously, we follow the role that Vermeylen played in the generation of 1870, on both French and Dutch-speaking sides, the members of which participated in the same circles. In this way, both the private and public life of one person and the life of a whole generation are discussed.

This research is not only a contribution to the history of literature (biographical study), but also to the history of universities, the intellectual history (of various forms of sociability) and the history of Belgium from a generational and transnational perspective.