28 juillet 2014

Lieux, biens, liens communs – Judith le Maire, 2014

Le Maire (2014) Lieux, biens, liens communsSi les années soixante-dix et la fin du XXe siècle montrent une intense pratique participative en architecture et urbanisme, aucun ouvrage ne l’origine au tournant des XIXe
et XXe siècles. Avec l’urbanisme, des pratiques et des écrits mobilisent la participation des citoyens, notamment ceux de Patrick Geddes. Luttant contre le « super-taudis », le
père fascinant des « machines à penser » et des « tours observatoires » est aussi celui de filiations d’architectes participationnistes : des membres du Team Ten, L. Kroll… Il
est de plus l’inspirateur de penseurs, comme son disciple L. Mumford, grand théoricien de la ville. Ou d’« entrepreneurs », tel P. Otlet, le fondateur de la classification
décimale universelle, qui, captivé par son « exposition de ville », commande à V. Bourgeois un urbaneum pour Bruxelles en support à la participation urbaine.

S’appuyant sur la figure inaugurale de Geddes, l’ouvrage décline la « grammaire » de la participation en architecture et urbanisme. A partir d’une réflexion sur ses outils, ses acteurs et ses formes, se dégagent alors des figures d’architectes et urbanistes « participationnistes ».
A côté des maîtres, tel Le Corbusier qui s’exclame « participation ! » dès 1932, l’ouvrage conduit vers des pédagogues comme L. Kahn, qui interroge les citoyens du New Deal : « Why city planning is your responsibility », ou G. De Carlo qui rallie à l’esthétique brutaliste les participants à la construction d’un village italien. L’horizon de la participation éclaire l’histoire de l’architecture afin de mieux saisir comment, du ciam de 1947 au Team Ten, deux voies se séparent, l’une vers le processus participatif et l’autre vers l’objet architectural.

Cette « grammaire » jette un regard nouveau sur l’engouement participatif d’aujourd’hui et précise le flou qui entoure le terme de « participation ». Le point de vue des architectes et des urbanistes enrichit la question de leur rôle social et politique ainsi que le débat sur l’esthétique architecturale.

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