08 septembre 2017

Mappemonde, n°121, 2017 – Paul Aron et al.

À la recherche des chronotopes du roman urbain. Une cartographie des Mystères de Bruxelles (1845-1846)

Une des premières ambitions du roman urbain qui s’impose au milieu du 19e siècle est de donner à lire la ville dans sa structure et sa composition sociale. Ce genre romanesque a été étudié sur le plan thématique, mais également à la lumière du concept de chronotope bakhtinien. L’étude classique de Franco Moretti (2000) a toutefois initié un « tournant géographique » à son propos, qu’il semble utile de prolonger en confrontant ses apports à l’analyse chronotopique. En premier lieu, il importe de sortir d’une description globale du roman pour s’approcher au plus près de la dynamique même d’un récit singulier (rythme de l’histoire, parcours et rencontres des personnages dans l’espace). On essayera aussi d’indiquer ce que la cartographie apporte à une lecture attentive du roman. En quoi et comment la production et la visualisation par les cartes génèrent-elles un savoir neuf, impensé et impensable par l’analyse chronotopique ? L’article suit ce double programme en prenant pour objet Les Mystères de Bruxelles (1845-1846) de Suau de Varennes, roman urbain exhumé de l’oubli qui relève des multiples imitations des Mystères de Paris. On verra ainsi que la cartographie permet de réévaluer une œuvre méconnue, tout en indiquant, sur le plan méthodologique, quelques pistes fécondes de la rencontre entre l’histoire sociale, l’histoire littéraire et la géographie urbaine.

Lire l’article : http://mappemonde.mgm.fr/121_as4/