Tatiana Debroux

Tatiana DebrouxA l’origine de mes travaux de recherche réside un intérêt pour le fait urbain, pour la ville sous toutes ses facettes, son histoire, ses enjeux et ses évolutions. Au cours de mes études de géographie, la découverte des processus contemporains misant sur les activités culturelles pour redévelopper des espaces urbains m’a donné envie d’approfondir mes connaissances dans cette voie et d’y consacrer mon mémoire de fin d’études. Au bout du compte, l’angle que j’avais privilégié allait me mener à bien d’autres interrogations puisqu’il s’est mué en sujet de thèse de doctorat.
En partant du rôle attribué aux artistes dans la transformation des espaces centraux contemporains, je me suis lancée dans une reconstitution peu courante, celle de la géographie des artistes plasticiens au sein du territoire de la Région de Bruxelles-Capitale. S’inscrivant dans la lignée des réflexions menées sur les industries créatives et sur l’implication de leurs acteurs dans les dynamiques urbaines actuelles, mon angle de vue s’est doublé d’une profondeur historique essentielle à la compréhension de la géographie artistique mise en évidence, à celle de ses évolutions, de ses permanences et de leurs ressorts, en lien avec le développement de la ville de 1830 à nos jours. Ce travail, original par son objet pour les géographes (la sphère artistique) et tout autant pour les sciences des arts par son approche (spatiale), m’a de plus permis de concilier la recherche urbaine et un intérêt personnel pour la culture, qui m’avait fait hésiter entre la géographie et les études littéraires en m’inscrivant à l’université…

Dans les travaux entamés depuis la défense de ma thèse en décembre 2012, et grâce à mon implication dans le projet de recherche interdisciplinaire MICM-arc, j’ai non seulement eu l’opportunité d’approfondir mes réflexions sur l’existence de concentrations artistiques à Bruxelles et leurs conséquences, mais aussi d’envisager des approches complémentaires, à travers de nouvelles perspectives d’analyse sur le plan méthodologique (e.a. analyse géolittéraire), l’emploi de sources et d’échelles d’analyse variées et le développement de nouveaux outils.

Centrées sur la culture et le développement urbain, mes thématiques de recherche s’inscrivent dans un champ de recherche en plein développement, celui de la géographie de la culture (entendue au sens de création artistique). Les liens entre art, activités artistiques et géographie font en effet l’objet d’une attention croissante de la part des chercheurs de la discipline, dont l’intérêt rencontre les préoccupations d’autres sciences connaissant un engouement pour la dimension spatiale des phénomènes culturels qu’elles étudient.
A travers la mobilisation d’un corpus de sources varié (quantitatives et qualitatives), d’une cartographie multiple (factuelle et narrative), d’une approche interdisciplinaire (géographie, sociologie de l’art, histoire culturelle), multiscalaire et comparative (sur le plan temporel et géographique), j’aborde les mutations urbanistiques, sociales et économiques survenues dans les grandes villes européennes durant les deux derniers siècles sous un angle original – celui des activités et des productions artistiques. Ce faisant et en tissant des liens avec les autres disciplines étudiant le champ artistique, je souhaite produire de nouvelles connaissances sur les processus de formation matérielle et symbolique de l’espace urbain bruxellois dans son ensemble, et sur la structuration et l’évolution de sa scène artistique, perçue à travers le regard d’une géographe.

 CV Debroux Tatiana (aout 2016)

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