Bruxelles et les boulevards

Dans le cadre du colloque Boulevards/Rings et limites urbaines en Europe , 19e-21e siècles, organisé à Bruxelles les 15 et 16 mai 2013, l’équipe de MICM-arc a présenté deux communications complémentaires sur la « petite ceinture » bruxelloise. Construites autour de problématiques, de méthodologies et de périodes historiques différentes, ces interventions ont néanmoins permis de révéler des permanences dans les usages et les représentations des boulevards, de leur édification au début 19e à leurs réaménagements au cours du 20e siècle.

Communication 1 : « Le Diable sur les boulevards. Récit littéraire et pratiques socio-spatiales à Bruxelles au 19e siècle »

Poursuivant notre exploration du récit du Diable à Bruxelles (J-B. Rousseau et L. Hymans, 1853), nous nous sommes intéressés à l’un des chapitres du tome 3. Consacré spécifiquement aux boulevards ceignant la Ville, le texte se présente sous forme d’une brève fiction, récit d’une rencontre amoureuse au dénouement tragique. A travers l’histoire du riche Léon et de la petite chapelière Camille, les auteurs décrivent les pratiques socio-spatiales d’usage sur les boulevards bruxellois au milieu du 19e siècle. Par le biais de la narration, ils révèlent l’organisation, les fréquentations sociales des différents tronçons et leurs temporalités, que corroborent les sources historiques contemporaines (règlements de police, archives, plans, gravures). Le récit littéraire est ainsi structuré par l’espace décrit et à travers sa construction particulière, il en montre les usages et les particularités.

Le Diable sur les boulevards – Communication colloque Bruxelles (mai 2013)

Communication 2: « Permanences d’une figure métropolitaine polymorphe: vers une définition de la petite ceinture bruxelloise »

Dans le Diable à Bruxelles, les boulevards qui viennent d’être achevés constituent un élément de la modernité urbaine exploité par les auteurs pour présenter la ville dans son ensemble. Les auteurs de la deuxième communication ont en quelque sorte repris le rôle du Diable, en réinterrogeant la figure des boulevards extérieurs au 20e siècle sous trois aspects différents. En premier lieu, ils traitent de l’ambivalence de la figure de la boucle, à la fois limite interne dans la ville et structuration du réseau routier. Empruntant les boulevards, de la Toison d’Or à l’avenue des Arts, ils détaillent en deuxième lieu les usages des portions des boulevards – mobilité, commerces, loisirs, habitat, etc. – avant finalement d’envisager ceux-ci en tant que lieux de symbolisation par excellence de la condition métropolitaine, rassemblant, en un long ruban et de nombreux noeuds, l’essentiel des questions d’aménagement urbain.

Le Diable sur les boulevards 2 – Communication colloque Bruxelles (mai 2013)

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