Lieux de récital à Bruxelles

A l’occasion d’un colloque de musicologie intitulé « Recital & urban setting in the Nineteenth century » (La Spezia, Italie), plusieurs membres de MICM-arc se sont intéressés aux lieux de récital bruxellois à la fin du 19e siècle, afin d’interroger la spatialité d’un phénomène musical encore peu documenté. Partant d’un relevé minutieux des séances de musique de chambre dans la presse quotidienne, musicale et artistique de l’époque (L’Indépendance belge, Le guide musical, L’Art Moderne et La Jeune Belgique, Bruxelles Féminin) et dans des programmes de concert, nous nous sommes tout d’abord interrogés sur la pertinence du terme de récital, qui n’est que rarement utilisé et considéré jusque dans les années 1890 par les critiques belges comme un anglicisme. Nous avons donc relevé toutes les soirées et séances musicales, concerts, séances intimes ou auditions, qui se distinguent des concerts symphoniques et ont été rassemblés a posteriori sous la bannière des « récitals ».

Le relevé effectué a servi de base pour établir une cartographie, classant les lieux selon une typologie à deux niveaux (distinguant d’abord les espaces commerciaux, publics et privés, puis affinant ces catégories de l’intérieur). Les résultats font apparaître trois espaces principaux au sein du territoire bruxellois (le centre, le haut de la ville, les faubourgs aisés), qui se distinguent en fonction des types qu’ils renferment. Première étape d’un travail qui va se poursuivre, cette géographie des lieux musicaux apporte un nouveau regard sur la scène musicale belge à la fin du 19e siècle, dépassant les grandes institutions du centre pour s’inscrire dans des espaces privés péricentraux, qui offraient des nouvelles possibilités d’emploi pour les musiciens.

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